31 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Mamoun ak Jeff te renmen sa gen bon tan, dayè se pa t bagay ankachèt, menm paran te konn sa. Men tou, tout moun te konn Jeff se yon nèg ki anfe, menm si w wè vizaj li parèt inosan, li ka kraze yon bò peyi a sou ou. Poutan, malgre repitasyon atakan patante Jeff te genyen, li pa t janm al nan anyen ak Mamoun, paske li te di li p ap presipite ak fanm sa, li te vle sa rete dirab ant yo. Yo te konn bo, fè ti karese men Jeff pa t janm al pi lwen, sitou Mamoun te toujou di Jeff li pa t nan lavi gason anvan li. Bon pou koze sa, Jeff pa t janm kwè. Li pa t janm oze ale pou rezon pa l, men pa pou sa Mamoun di l la.

Finalman, apre kèk ane ansanm Jeff deside al fè seksyèl ak Mamoun. Bo, karese, anbyans lan te vrèman enteresan, sof sa Jeff pa t atann li: lè li ale pou li woule kr*k Mamoun, manmzèl gen yon reyaksyon biza. Li fè yon gwo rèl, bagay si te gen lòt moun nan espas la yo te ka panse se men misye ap met sou ti dam lan osnon se kou li ba li. Met sou sa Mamoun kòmanse tranble, lap kriye, li pouse jennonm lan epi li kouri abiye l, li met kò l nan lari, san li pa bay Jeff okenn esplikasyon.

Jeff tou pa chache konprann, penso li nan men l, li bay koulè li vle. Li mache di moun Mamoun se yon rizyèz, lè li pral wè manzè pa vyèj vre, manzè fè yon jan li chape anba men l. Epoutan, sa Jeff pa t janm konnen: lè Mamoun te piti, manman l te konn kite yon mesye ki te abite nan menm lakou ak yo voye je sou Mamoun chak tan l ap soti. E chak tan sa yo, mesye a te konn pran plezi jwe nan kr*k li. Menmsi Mamoun pa t gen lespri, li pa t konprann jès la, li te toujou twouve sa biza men li pa t janm di manman l sa. Se lè Mamoun vin ap grandi li resi konprann sa mesye a te konn ap fè l la. Men li te deja twò ta...


PS: Istwa sa fiktif menmsi mwen rekonèt gen dwa gen moun ki gen yon istwa reyèl ki sanble ak li. Se pa istwa pèsòn mwen konnen osnon istwa yo ta rakonte m mwen prezante. PA FÈ PÈSÒN MOUN KONFYANS AK PITIT NOU!

30 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

La nouvelle est tombée ! Le PM démissionne de son poste afin de faciliter le dialogue et les négociations engagées avec différents secteurs. Des rats commencent à quitter le bateau, timidement mais sûrement. Ah ! Il fallait vous préciser qu’il ne s'agit pas du PM désigné et placé par les gros biceps à la Primature mais du PM élu de l’accord Montana. Oui vous avez bien lu, un premier ministre élu. On réinvente le monde. On fait des élections pour des PM. Et le PM démissionne de son poste comme s’il avait auparavant, une fonction bien réelle. Eh bien ! Bon vent monsieur le PM !

Maintenant, la balle est dans les pieds du peuple de l’hôtel. Va-t-on organiser une nouvelle élection pour le poste de PM ?  Ou bien va-t-on trouver un con-sensus pour en nommer un nouveau ? Le spectacle vient à peine de commencer et ça promet. Ceux-là qui, comme moi, aiment les belles merveilles vont être servis. En tout cas, si le PM élu démissionne dans l’espoir que le PM désigné en suive l’exemple, c’est bien compté, mal calculé !

Pendant ce temps, le président élu par le peuple de l’hôtel garde sa fonction. Il ne reste plus au palais. Il est à pied d’œuvre sur le terrain. Mes amis, notre homme part à la recherche de la trace des Taïnos en Haïti. Finalement, une carrière en archéologie ou en patrimoine n’est jamais trop tard pour être envisagée, son Excellence. Mine de rien, après un an, quel est le bilan de cet exécutif ? On en parlera dans deux ans encore.

Les causés sont plusieurs dans la république. Aujourd’hui, j’ai entendu dire que les membres du Haut Conseil de la Transition sont dans la rue. On a pensé à leur donner la descente chez le Ministère du Commerce, mais ils ont fait un seul coup de sang. Oh ! ils ont pris cela comme un dérespectant. Est-ce qu’ils vont continuer ? Qu’est-ce qu’ils sont prêts à faire pour déguster une petite part du gâteau ?

Le soleil se couche sur le pays. Il n’y a pas d’électricité. Des mauvaises langues disent que l’instance concernée est partie pour chez tonton Sam. Quelques heures plus tard, l’EDH annonce une distribution rotative du minimum de courant électrique en attendant la saison pluvieuse. La pluie vient donc, vient donc! On te donnera du bonbon! Les marengwen sont de retour. Les balles pleuvent. Et les zen ne cessent dans la République. Aux dernières nouvelles, le juge-borlette invite des journalistes pour des violations des règles élémentaires de la profession de journaliste. Adieu oui !

Enfin, alors que le capitaine météo a annoncé tornade 1 ou 2, il semble qu’elle s’est rétrogradée en tourbillon. Car entre-temps, le service de démolition des gangs ont démoli le sous-commissariat protégé par des unités d’élites. Nos gens petits corps bons ont dormi avec cœur sauté, hier soir. Les gangs étaient à leurs portes. Et chez les chefs, on assiste à la chaise musicale. On fait tourner les chefs. À défaut de changer la situation, ils changent les hauts gradés de poste d’affectation. Changement stratégique ? Changement à l’haïtienne, dit-on.

29 janvier 2023

La Chronique de J-One

 

La Chronique de J-One

Perdu dans mes pensées, je n’entends ni ne vois rien. À cette heure de la journée, dans la famasi kleren de chez Wilner, règne un brouhaha indescriptible. Depuis que Wilner a fait construire cette tonèl pour la vente de ses kleren, chaque après-midi il règne une folle ambiance dans l’espace. Non loin de la barque à kleren, où macéraient dans de grandes bouteilles : écorces, lianes, feuilles et racines, des hommes s’amusent aux dominos. On entend les pièces tombées sur la table avec un tel fracas. Des enfants jouent à cache-cache. Des marchandes ambulantes, fatiguées par une longue journée de pwomennen, s’arrêtent à quelques pas et tentent d’attirer certains clients. Des vendeurs de pains se battent pour s’arracher des achteurs à chaque véhicule qui s’arrête. En face les bèf chenn, tels des automates, appellent avec un refrain dont eux seuls connaissent la note, les passagers qui affluent pour rejoindre leur tap-tap. Sous un lampadaire, don d’un ancien président de la république -et qui est venu en personne l’inaugurer-, une dame frisant la soixantaine, munie d’un mégaphone, annonce la fin du monde pour le 22 octobre et invite les passants à la repentance. Tout ce brouhaha donne, en réalité, un peu de vie à cette ville mourante. Cette ville prise en otage par les zenglendo, les kamoken et les bandits de tout acabit.  Moi, comme dans un univers parallèle, je n’entends ni ne vois rien. Je broie du noir.

Dans tout ce décor, pas étonnant que je ne vois pas arriver Dyepalòm. Il me tapote l’épaule, je sursaute et je reviens à moi. Il s’assoie près de moi et remarquant ma mauvaise mine, il me dit :

-        Sa k gen la Ti Moso ?

Il m’appelle ainsi depuis plus de vingt ans en référence à mon père qu’on surnommait Gwo Moso. Comme réponse je lui marmonne quelque chose et replonge dans mes pensées. Dyepalòm, lui, sifflote un petit air. Il aborde des sujets que j’ignore. Finalement, Dyepalòm ferme ses yeux et continue à siffloter son air.

Soudain, comme un nourrisson affamé éprouve une certaine joie en voyant le sein maternel, j’ai vu l’espace d’une seconde ce sourire sur le visage de Dyepalòm. Un sourire malicieux, qui semble me dire : j’ai quelque chose d’intéressant pour toi.

- Quoi ? lui dis-je.

- Tu vois l’homme là-bas, me chuchota-t-il, je crois que je le connais, du moins, je connais quelque chose à son sujet qui peut bien te faire sortir de cet état.

- De quoi s’agit-il ?

Dyepalòm me montre le fond son cup. Il est vide. En réalité c’est un signe de chantage. Si je veux connaître l’histoire de notre homme qui est responsable de la succursale d’une banque de la capitale et qui se présente toujours comme un bon jènjan, je dois lui payer un bon tranpe. Je regarde Dyepalòm, il a vieilli. À chaque fois qu’il me demande de lui payer du kleren, chose qui arrive souvent ces derniers temps, je n’ose jamais lui dire d’arrêter. La dernière fois que quelqu’un a osé lui conseiller d’arrêter d’en consommer, c’était son fils qui est médecin et il en a eu pour son compte. Dyepalòm, lui a même dit que s’il a osé faire une telle remarque c’est sa faute car il lui a payé toute sa scolarité. Avant de conclure qu’il a été à l’hôpital pour son foie et que le docteur s’est exclamé : « Ma foi ! vous avez un sacré foie ! ».

Le vieil homme, fait un signe à Wilner de lui servir son breuvage préféré. J’acquiesce de la tête. Dyepalòm goutte à son tranpe et respire un bon coup avant de se lancer dans son récit.

-        « En fait, je ne le connaissais pas personnellement. Mais quand j’ai terminé mon service militaire, j’ai été en France et j’ai un ami médecin qui m’a parlé de lui. Secret professionnel », me dit-il.

Alors, pour le lecteur naïf qui aura tendance à tout croire, il faut que j’enlève tout doute. Dyepalòm n’a jamais été dans l’armée. À force de l’entendre me raconter des histoires de quand il était dans l’armée, de quand il était en France, de quand il a rencontré le Pape, j’ai dû demander à mon père de confirmer ou d’infirmer ces versions des faits. Il m’a confié : primo, Dyepalòm n’a jamais fait partie de l'armée. Il était juste un informateur de la milice organisée par le président à vie. Deuxio, il n’a jamais été en France. Suite au dechoukaj du président à vie et de ses serviteurs, Dyepalòm s’est enfui à Fort-de-France. Et tertio, Dyepalòm n’a jamais rencontré le Pape quand il est venu en Haïti. Certes, il possède un chapelet qui fut la propriété du Saint-Siège. Mais ce chapelet a été offert au président. Le jour du départ de celui-ci, Dyepalòm s'est rendu au palais pour informer l’un des agents de la cachette d’un fervent opposant du régime. Et dans la précipitation des membres de la famille présidentielle, le chapelet a été oublié et s’est retrouvé en sa possession.

-        « À l’époque, il était un jeune étudiant à une université en France. Il était déjà marié, et sa femme et lui essayaient d’avoir un enfant mais en vain », poursuivit Dyepalòm. Comme cela faisait plusieurs mois qu’ils essayaient et que rien ne marchait, il conseillait sa femme d’aller voir un médecin. Et qui la femme a été voir ? Mon ami médecin.

Après tous les examens, la femme était en parfaite santé et devrait sans problème pouvoir enfanter. Du coup, c’est notre homme qui a dû se rendre chez le même médecin. Et pour lui aussi, tout était normal.

-        La femme était persuadée qu’elle était victime d’un madichon de la famille de l’homme car au départ on ne voulait pas d’elle dans leur famille. Le docteur, n’étant pas Haïtien, accordait peu de d’importance aux inquiétudes de la femme et voulait rester le plus rationnel que possible. Aussi a-t-il exploré toutes les possibilités pour ce jeune couple. Malheureusement, rien me marchait.

Dyepalòm boit un peu de son tranpe, il secoue un peu le breuvage dans sa bouche avant de l’avaler.

- Alors, le docteur, mon ami a eu une brillante idée.

- Qu’a-t-il fait ? lui demandai-je.

Devant mon impatience, il montra un tel calme que je connais bien. Il respira un bon coup, avant de poursuivre.

- Eh bien mon ami, le docteur qui savait quand la femme devait être dans sa période d’ovulation, les invita tous les deux à sa clinique. Quand ils arrivèrent le docteur leur expliqua qu’il va les mettre en situation. Il devrait passer à l’acte sans se préoccuper de sa présence. Au départ, c’était difficile mais avec la patience, ils ne finirent pas y arriver. Et le résultat fut surprenant !

- Et c’était quoi le résultat ?

Dyepalòm observe une pause comme s’il hésite sur ce qu’il allait m’avouer et boit le reste de son cup, et dans un éclat de rire, il me dit :

-   À ce moment précis, le docteur s’est rendu compte que notre homme se trompait de trou.

Dans son rire, il m’envoie plein de postillon puant le kleren. Mais c’est sans importance car je suis emporté par un fou rire. Dyepalòm se leva et s’en alla. Je lui paie son kleren, il l’a bien mérité. Et passant près de l’homme, j’avais envie de lui dire : bonjour monsieur le trompeur.


27 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Attention ! On annonce l’arrivée de tornade sur le pays. On ne sait pas si c’est tornade 1 ou si c’est tornade 2 car le capitaine météo qui annonçait la nouvelle ne semblait pas être bien informé sur la version de la tornade à venir. 48 heures après un tel drame, on ne maitrise pas bien sa sortie. Cela traduit un mal profond. En tout cas, il y a un monsieur qui, une fois a annoncé que là où il y a gros vent, petite pluie ne peut demeurer. Eh bien, figurez-vous que le gros vent est parti alors que la petite pluie fait la pluie et le beau temps. La tornade 1 ou 2, saura-t-elle finalement chasser la petite pluie ? Il n’est que d’attendre!

Les opérations policières, tout comme nos institutions, ont de belles appellations. Elles sont choisies avec soin,  dépendamment de la visée. Deux ans de cela, on a annoncé l’opération « retour à la plage ». Il y a quelques mois, c'était au tour de l’opération « deniche bandi ». Les bilans ? Eh bien aujourd’hui on peut toujours aller à la plage mais les routes pour s’y rendre sont contrôlées par les bandits sortis de leurs niches. Quel sera le bilan de la tornade annoncée ? On en reparlera sûrement. J’espère qu’à l’heure des bilans, je me dirai que je me suis trompé en ne voulant pas croire que quelque chose de bon pourrait émaner de cette équipe.

Hier, alors qu’on s’amusait à dire que la petite sirène s’est sauvé à toutes jambes et qu’il s’est fait marron, il me semble que c’était une aubaine pour lui. C’est vrai qu’il a été en difficulté mais cela lui a permis d’éviter de communiquer le bilan de sa visite en terre étrangère. Car, comme vous le présupposez, de bilan, il n’y en a pas. C’était juste une petite ballade pour profiter du privilège d’être seul chef d’un pays. Alors même que dans le pays, des policiers (le ou la police) facilite l’évasion de prisonniers, entrent en rébellion contre leurs supérieurs et que dans une certaine commune des individus armés entrent dans un centre hospitalier pour en extraire un patient et l’exécuter à la sortie du centre. Oui tout est bien…  

Et la nouvelle du jour, ce matin un soutien surgit de l’ombre pour venir en aide au premier minus. Quand un PM vient en aide à un autre PM, peut-être moins intelligent que lui, que c’est beau à voir. Est-ce que ce soutien public arrive trop tard ? Sûrement pas. Et comme c'est du « à toi à moi », ce soir, c’est l’autre PM qui vient de rabâcher un discours à la population. Un discours chanpwèl pour ne rien dire, sinon qu’il est lui-même l’État. D'ailleurs, dans cette sortie tardive, il n'a même pas  pris le temps de parler de ce qu'il a fait en Argentine. Pas de bilan et il est très calme. Le seul cœur cassé est du côté des membres du Haut Conseil de Transition, qui attendent toujours d’être installés en tant que « j’approuve » de sa Majesté. 

Et puis, il y a cette dame qui, aujourd’hui aveuglée par les avantages du pouvoir, se positionne en donneuse de leçon, s’infligeant du même coup un supplice. Maintenant elle prétend dénoncer ce qu’elle a encouragé et Dieu seul sait si elle n’a pas participé à le mettre en place hier. Rien de plus normal. Depuis sa fusion avec ce pouvoir elle ne voit plus la vie en rouge et jaune mais en rose. Preuve que les privilèges ont fait passer madame de l’état solide à l’état liquide. Oops! c’est l’une des définitions de fusion.

26 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Les jours passent, les mauvaises nouvelles demeurent. Mais toujours est-il qu’on a cette manie de réagir à vif. Avec nous c’est sitôt chaud, sitôt cuit. Après, on retourne à la routine. Nous agissons continuellement ainsi. Notre indignation ne dure jamais. Il suffit d’un rien pour qu’on oublie tout, pour qu’on pardonne tout et pour qu’on replonge dans le même bourbier. Aujourd’hui, on est en colère à cause de ces policiers tués, demain on sera les premiers à dire mort aux policiers. Il en est ainsi dans ce pays. Hier, on a tenté de trouver un bouc émissaire. Et aujourd’hui à qui la faute ?

Et pendant qu’on revendique des choses justes, on met abcès sur clou. Au moins deux élèves ont été tués au cours de ces mouvements. Hier encore, on lançait des appels pour la reprise des activités scolaires et aujourd’hui, on ne veut même pas les protéger. À la Cité de l’Indépendance, les protestataires ont libéré des individus interpellés par la police. Pire encore, l’un deux est accusé d’être un membre puissant d’un gang de la région. On n’est pas sorti de l’auberge. Et pendant ce temps, ceux-là qui hier, s’indignaient contre la moindre attaque dans la république, ne pipe mot aujourd’hui. Silence radio de maitre Dame, qui souffre d’amygdalite à chaque nouvelle tuerie depuis son ascension au pouvoir et qui est hospitalisé à ASU. Preuve que l’homme aux abords du pouvoir n’est jamais l’homme au pouvoir.

Alors que le premier minus revenait d'Argentine, il a eu droit à un bon petit comité d’accueil à l’aéroport. On raconte qu’il a failli prendre dans zobop. Les policiers sont allés lui souhaiter la bienvenue, il a dû prendre les jambes à son cou pour échapper à ce trop plein d'amour. Vraisemblablement, la petite sirène se fait marron. Les protestataires se sont rendus chez lui et à sa résidence officielle. Pris de peur, il a dû se rendre dans une destination gardée secrète. Quand un chef n’est même pas capable de se protéger, croyez-vous vraiment qu’il pourra vous protéger ?

Ah ! Pendant ce temps, celui qui vaincu le lièvre supplie le premier minus de lui faire une place pour lutter contre l’insécurité. Il a du culot pour oser faire une telle demande. Celui-là même qui est sanctionné par des gros pays parce qu'on l'accuse d'être dans tété langue avec des bandits. Franchement, ce serait comme mettre le chat à surveiller la mantègue.

25 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Ce soir, même la lune est en deuil. Elle s’éclipse devant ce spectacle d’horreur. Pas moins de 6 policiers tués par des bandits cet après-midi. Leurs corps ont été exposés comme de vulgaires trophées. Encore de nouvelles familles endeuillées. Encore un nouvel orphelin de père. Et encore un autre homme parti trop tôt en voulant servir sa patrie. Les policiers sont livrés à eux-mêmes comme des petits mils sans gardiens. À chaque nouvelle opération, on déplore de nouvelles pertes en vie humaine. D’un autre côté, des élèves d’une école ont été blessés par balles lors d’affrontement entre policiers et gangs armés. Le minus qui chante tout partout que Lekòl pa ka tann, semble ne pas être au courant, car cette semaine il est à fond dans la livraison des livres iniques.

Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Nous avons crié à bas l’intellectuelle, donnez-nous le vagabond ! Et le résultat est là. Eux, ils ont crié de relâcher le voleur et de crucifier celui qui est censé être le fils de Dieu venu sur terre. Le résultat ? Ils sont parmi les plus riches de Wall Street. On dirait que la divine providence a deux poids de mesure !

Demain, on ressort les mêmes vieux tweets. Les « Je condamne… Je me révolte… Crime odieux… Crime crapuleux… Crime sans nom… » Et après ? Rien. Comme c’était le cas à Village de Dieu en mars 2021, ou plus près nous, le vendredi 20 janvier. Ils vont probablement visiter les familles des victimes, faire des promesses qu’ils ne vont pas tenir de toute façon, faire des photos pour la presse et attendre le prochain drame. Et puis, il y a de ces gens qui vont profiter pour réclamer cette intervention qu’ils veulent à tout prix, comme si c’était la solution à tous nos problèmes.

Pendant ce temps, celui qui se croit seul maitre à bord de ce bateau qui coule, part faire des courbettes aux vrais chefs d’Etat. On kidnappe, on tue, on viole, on vole. Cela ne lui dit rien dans rien. De toute façon, ce ne sont pas ses problèmes. Les siens ? Rassurez ces (ses) blancs qui l'ont placé au pouvoir et se mettre dans de bonnes dispositions pour qu’il exécute avec toute la précision d’un neurochirurgien leurs directives. Pendant qu’on y est : où est passé l’autre accord, celui qui est éponyme à l’hôtel ? Et surtout, où est le conseil de transition peuple souverain ? Nèg yo ranse !

Alors que les bandits asphyxient la population et que celle-ci cherche tous les moyens possibles pour larguer ses pieds, petit cœur sauté. Ce matin, à la radio elle a appris que des États de l’autre bord tentent de suspendre le programme. Leur seule chance de partir dans les règles. Ceux qui savent prier, prient. Ceux qui savent jeter de l’eau, jettent de l’eau. C’est trop beau pour que cela se termine ainsi!

23 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Alors que des mères, des épouses pleurent leur fils ou leur maris tués vendredi dernier, le Premier minus part en Argentine. Le devoir l’appelle, dit-on. Seul taureau grondé d’un gouvernement nommé par des internationaux, la petite sirène va participer à un sommet international. Dieu seul sait ce qu’il va encore dire du pays. Va-t-il entonner le même refrain « tout est globalement sous contrôle »?  Des policiers sont tués par des bandits, mais ce n’est que des dommages collatéraux ? Les Haïtiens cherchent à fuir le pays, mais on est sur la bonne voie pour organiser des élections ? Attendons de voir. Na wè, si na wè pa pete ! On m’a dit que monsieur aura droit à un chaleureux comité d’accueil demain. Un comité pour lui souhaiter une bienvenue à la hauteur de son rang.

Bon, entre-temps le PM part et on ne sait pas quand il va revenir. On ne sait même pas ce qu’il va faire au juste. Seulement on sait qu’il va tenir des rencontres bilatérales avec des chefs d’État latino-américains et de la Caraïbes. Il va sûrement réitérer la demande d’intervention de forces armées que personne, finalement, ne semble prêt à envoyer. D’ailleurs, celui qui était le plus chaud devant la bande dans ce dossier a affirmé aujourd’hui, que cette intervention n’est plus à l’ordre du jour. Alors que d’un autre côté, Madame la marquise joue la carte de l’urgence. Elle persiste et signe que oui Haïti en a besoin. Vous vous demandez qui est Madame la marquise ? Suivez mon regard !

Pendant ce temps, dans la République, on continue à chercher à partir par tous les moyens. Hier encore, des Haïtiens ont été interceptés en haute mer. Ils tentaient coûte que coûte de rejoindre les Etats-Unis. Aujourd’hui, au nouveau local temporaire de l’Immigration, la bataille était rude. Tout ça pour espérer une vie meilleure. Le peuple a envie de vivre. Mais ceux-là qui tètent la mamelle ne comprennent rien de tout cela. Au contraire, ils se préparent à organiser le carnaval. Qui dit carnaval évidemment dit création d’emploi. Il n’est pas con, le PM. Dans pas moins d’un mois et demi, plus de 90 mille emplois seront créés [comme par magie]. Et si on y ajoute les emplois que vont créer les investisseurs qu’il a rencontrés en septembre dernier, on peut crier : Haïti is re-open for business !

Enfin, grâce à la presse une vie a été sauvée. Un homme accusé à tort d’être un bandit a été libéré. Un certain commissaire de gouvernement a avoué que si c’était lui qui avait procédé à cette arrestation, l’homme serait déjà mort et on n’aurait même pas retrouvé son corps pour l'enterrer. Tout est dit ! La mort est trop présente ! Il est trop facile de mourir dans ce pays. Quant à maitre Dame, l’avocat du peuple, ces événements ne lui disent rien. Cette semaine il se plait dans son nouveau rôle de lanceur d’alerte. Il interpelle l’Etat sur le sort des migrants Haïtiens en Turquie. Comme quoi, les privilèges du pouvoir peuvent bien ouvrir les yeux sur ce qui passe au loin. Finalement, j’ai bien envie de dire : Ti Michel kèskonfe ?

20 janvier 2023

La chronique de J-One

 La chronique de J-One

Les jours viennent, les jours vont, seules les mauvaises nouvelles demeurent en Haïti. Comme le prophète en son temps a pleuré sur Jérusalem, aujourd’hui on pouvait pleurer sur cette ville bâtie à la mémoire du troisième chef d’État du pays. À Pétion-Ville, la rue était en mal macaque, en chat de peintre. La ville a été prise d’assaut par des hommes armés, circulant à la vue de tous, ce qui a provoqué des kouri. Enfin, nos chers frères et sœurs qui disent toujours, avec une certaine fierté habiter dans les hauteurs, ont compris qu’ils ne sont pas exempts des malheurs du pays. La presse fait état de personnes tuées par balles, d’autres brulées vives, de maisons incendiées, d’entreprises pillées et de personnes prises au piège chez eux. Et pour comble de malheur, des policiers dépêchés pour correspondre aux bandits ont été victimes dans une embuscade. L’horreur !

Par ailleurs, le bruit court que des policiers au commissariat de Pétion-Ville ont fait bois pour le responsable dudit commissariat. Les policiers n’ont pas aimé l’attitude du chef vis-à-vis de leurs frères d’arme en difficulté. Pendant ce temps, la petite sirène ne parle plus ni ne tweet. Silence totale également du côté de [la] prophète responsable de la justice au sein de ce club de copains et qui, en même temps, semble faire impasse sur [sa] dignité. C’est plaindre dans cœur, avec ce qui arrive avec ces gens-là que beaucoup de jeunes ont en exemple.

Et comme si les drames de là-haut ne suffisent pas, à Jérémie on informe qu’un incendie s’est déclaré dans quelques maisons. Pour cause? Des gens ont stocké du carburant chez eux illégalement. C’est normal, que cela arrive. À Jérémie et un peu partout dans la République, des marchands ambulants de carburants sont retrouvés à chaque coin de rue. Haïti est devenue un énorme marché à ciel ouvert de carburant. Il est plus facile maintenant de trouver un marchand de carburant en ville qu’un marchand de sachet d’eau. Et avec ce nouveau marché, les maisons sont devenues les nouveaux points de stockage. Que fait l’État ? Il fait des plans pour vous faciliter le départ vers la terre promise. Le service de demande de passeport sera relogé dans un nouvel espace plus grand, la DGI ouvrira, exceptionnellement une fois de plus, ses portes ce samedi. Vamonos, nous dit-il!

À Port-au-Prince, c’est la saison des enquêtes. L’ULCC annonce des enquêtes sur le patrimoine des juges non-certifiés. Le SEMANAH annonce aussi l’ouverture d’une enquête sur le dossier d’un bateau ayant fait naufrage à Lafiteau. La PNH aussi. Même la PNH annonce des enquêtes. On aura tout vu et tout entendu! La PNH veut enquêter sur les dénonciations de brutalités policières et sur l’usage rémunéré des matériels de l’institution. Comme si c’était un secret. De toute façon, on connait déjà les résultats de l’enquête. L’enquête, comme toujours, va se poursuivre !

18 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Vous qui croyez avoir tout vu, vous qui avez voyagé, qui avez lu! Vous que plus rien jamais n’étonne, bienvenue au pays de la petite sirène! Ici, la politique nous offre les scenarii les plus improbables. Comme le disait l’illustre et brillant abolotcho Boutenègre, avec son verbe dont lui seul a le secret : "La polituque haïtienne, c’est in grignin-dent. [...] Dans la polituque, il faut savoi rentré et savoi sorti. [...] La polituque c’est ine jouète." Ah ! ce visionnaire de Boutenègre. Aujourd’hui, les noms des membres du HCT sont publiés dans le journal officiel du pays. Une professeure très écoutée qui se prostitue, juste pour se faire peau neuve grâce au pouvoir. D’ailleurs, l’ancien chef de son parti a été assassiné sous ce gouvernement. Mais pour elle, c'est trois fois rien. Laissez les morts, ensevelir leurs morts. Elle profite de la mamelle tant qu’elle est encore vivante. En tout cas, ce HCT est un mauvais plan à trois, un triumvirat de « j’approuve » qui ne peuvent rien faire contre le Tout-Puissant et Seul coq chanté. Trois roches du feu pour supporter un premier ministre-président ad vitam æternam.

Alors que les acteurs mettent en scène leur spectacle autant ridicule que pitoyable, au bas de la ville et à la VAR, la République compte ses morts. Ça a tiré de partout, aujourd’hui. On parle d’opération policière. Toujours cette bonne vieille blague! Comme avant, on attend le bilan des opérations. Moi-même, j’ai ma petite idée dans ma tête mais je ne vais pas vous la partager. Mais soyez-en sûrs, vous ne tarderez pas à découvrir de quoi il s’agit. Avant-hier, c’était à Laboule ; aujourd’hui au bas de la ville et après-demain, ce sera pour un autre endroit. Et après, on va parler de bonne condition pour la réalisation d’élection.

Enfin, séraphin pied fin, comme disait ma grand-mère, rendre des services donnent du chagrin. C’est prouvé. Le pauvre monsieur qui a tant servi le pays, qui a passé un an à réformer le système judiciaire et dont le nom n’a été mêlé, ni de près, ni de loin et encore moins de très très loin à aucun scandale, a été injustement sanctionné par les gros pays. Conséquence ? Monsieur ne peut pas se faire soigner à l’étranger. Pauvre diable! Heureusement que les soins de santé sont disponibles ici aussi! Heureusement que pendant son passage au gouvernement. il a incité les responsables à accélérer les travaux de l’hôpital général! Maintenant, il peut, à l’aise comme Blaise sur une chaise sans punaise, se faire soigner dans son pays natal. Quelle chance il a, ce pauvre monsieur!


16 janvier 2023

La chronique de J-One

La chronique de J-One

La vie est ainsi faite. Il y a des jours sans et des jours avec. Il y a de ces jours où de bonnes nouvelle arrivent. Aujourd’hui, heureusement, c’est un jour avec. Une de nos stars du football féminin signe dans l’un des meilleurs clubs au monde. C’est une rare occasion pour que l’on dise du bien du pays, profitons-en à fond.

Laissons la prière, prenons le cantique. J'ai fait un seul saisissement. J’ai appris que le directeur du con-à-tel est mort. (Lisez CONATEL) Vous saviez que cette boîte avait un directeur, vous ? Combien de radio fonctionne sans permis ? Quel est la qualité de service des compagnies de téléphonie et d’internet dans le pays? Le directeur était tout simplement un mort en vacance.

Pendant ce temps, la course au passeport continue. De plus en plus de personnes cherchent à avoir leur livret. On veut partir, l’État nous facilite la tâche. Exceptionnellement, on ouvre les portes des institutions qui gardent habituellement leurs portes fermées en week-end. Pourtant quand on veut vivre dans notre pays, l’Etat se fout tout simplement de notre gueule. Partez si vous pouvez; restez si vous voulez. L’Etat quant à lui, s’occupe de ne rien faire.

Ce que j’aime dans ce pays, c’est qu'au moins on n’est jamais à court de zen. Nos dirigeants prennent le malin plaisir de nous en gratifier à chaque fois. Il y a toujours un zen qui bout dans la République. Le dernier en date, tout chaud, sorti du CSPJ: des honorables juges sont pris la main dans le sac et n’ont pas été certifiés par le conseil après l’analyse de leurs parcours dans le système. Les accusations sont graves: absence d’intégrité morale, abus d’autorité, ivrognerie, facilitation d’élargissement de criminels notoires ou qualification académique insuffisante. L’un des juges indexés dit qu’il ne va pas démissionner, car sa bouche est aussi fendue pour manger. Adye wi Da! D’ailleurs, ses deux boss, dit-il, sont Jésus de Nazareth et le premier minus. Deux personnalités qui sont seuls maitres et Seigneur dans leur administration. Mais il y a plus grave encore. Quand un juge déclare avoir gagner les 3/4 de l’argent qu’il possède en jouant à la borlette, il y a deux possibilités : soit il ment, soit il est vraiment un juge borlette.

 

15 janvier 2023

 

2022 en 22 mots (2/2)

Le lexique de l’actualité nationale de 2022 est empreint des différentes crises qui ont marqué notre quotidien, notamment la crise liée à la sécurité nationale caractérisé par une montée en puissance des gangs armés. Que ce soit dans la politique, dans le sport, dans l’économie ou dans la culture, cette année a été dominée par des personnalités ou des faits. De Ariel Henry en passant par le kidnapping ou la PNH, retour sur ces vingt-deux mots qui, à eux seuls résument l’actualité nationale de l’année 2022.


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M comme Mikaben

Le 15 octobre 2022, alors que le trio CARIMI célébrait ses 20 ans d’existence après 6 ans de séparation à l’accor Arena de Paris, Mikaben, de son vrai nom Michael Benjamin est mort suite à un malaise. Un décès qui a suscité nombreuses de réactions d’ici et d’ailleurs. Des mots de sympathies et des cérémonies d’hommage n’ont pas manqué pour saluer le départ de la star haïtienne.

N pour Nationaliste

Suite à la demande de force armée internationale du gouvernement, plusieurs voix de la société se sont fait entendre sous le couvert d’un sentiment de nationalisme. Pour ou contre ? C’est le débat qui a animé les réseaux sociaux et l’espace médiatique. Et dans ce contexte,  nationaliste est un mot qui revient toujours. Soit en des termes mélioratifs soit en des termes tout simplement ironiques.

O pour ONU

L’organisation des Nations Unies a été omniprésente dans l’actualité haïtienne en 2022. Que ce soit à travers ses différentes agences ou à travers le BINUH, l’ONU n’a jamais raté l’occasion de faire le point sur la situation en Haïti. En octobre dernier, les membres du conseil de sécurité de l’ONU ont voté à l’unanimité la résolution 26-53, prévoyant un régime de sanctions contre les gangs armés et leurs supporteurs.

P pour PNH

La police nationale d’Haïti (PNH) a été au cœur de l’actualité en 2022. Critiquée pour ses bavures comme lors des manifestations populaires de septembre et saluée en d’autres occasions pour ses prouesses. Très présente sur les réseaux sociaux, la PNH y communique le bilan de ses opérations au quotidien. La formule « mortellement blessé » est à chaque fois saluée par les utilisateurs.

Q  pour Qatar

De la mi-novembre à la mi-décembre, tous les yeux se sont braqués sur le Qatar. Ce petit émirat du golfe persique a eu l’occasion d’organiser la 22è édition de la coupe du monde de football. Pendant un mois, les fans du football en Haïti ont vibré au rythme du ballon rond. Une compétition qui a vu l’Argentine, emmenée par Lionel Messi, soulevé la coupe.

R pour Réouverture des classes

Fixée initialement pour le 5 septembre 2022, la réouverture des classes a été reportée au 3 octobre par le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Bien avant, plusieurs syndicats de professeurs et d’autres organisations ont exprimé le vœu du report de la rentrée scolaire. Finalement, à cause du pays lock du début de septembre, la rentrée scolaire a été faite tipa tipa jusqu'en novembre.

S pour Sanction

La résolution 26-53 du conseil de sécurité de l’ONU a ouvert la voie aux sanctions. Le Canada en particulier, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse se sont tous appuyés sur cette résolution pour sanctionner les élites économiques et politiques haïtiennes  de connivence avec des gangs armés et les membres de ces gangs. À ce jour, un ancien président, deux anciens premiers ministres, des parlementaires, des anciens fonctionnaires de l’Etat, des anciens ministres et des membres de l’élite économique ont été frappés de sanctions internationales. Ces sanctions impliquent entre autres : le gel des avoirs des personnes sanctionnées, l’interdiction de voyage dans les pays qui ont adopté ces sanctions, etc.

T pour Taux de change

Le taux de change a été  l’un des sujets brûlant de l’actualité haïtienne en 2022. Les divers taux pratiqués à l’achat et à la vente du dollar sur le marché haïtien on fait l’objet de grands débats. La BRH a tenté de rapprocher les taux du marché informel des taux du marché formel, en injectant du dollar sur le marché. Vaine tentative. Le taux de référence publié au quotidien, dans ce contexte, n’a servi à rien au final.

U pour ULCC

L’unité de lutte contre la Corruption (ULCC) a fait un pas important dans la lutte contre la corruption. Mi-août, l’ULCC a remis à la justice 10 rapports d’enquêtes sur des cas de corruption. Ces cas représenteraient une perte de 500 millions de gourdes pour l’Etat. Par ailleurs, 70 requêtes ont été soumises contre des personnalités politiques pour défaut de déclaration de patrimoine. À ce jour, la justice ne s’est jamais prononcée sur ces cas, mais l’ULCC a dans une certaine mesure, fait ce qu’elle devrait.

V pour Voyage illégal

En juillet 2022, 17 migrants haïtiens ont perdu la vie dans un naufrage non loin des Bahamas. Malheureusement, au cours de l’année 2022 avec la détérioration des conditions de vie dans le pays, les cas de voyages illégaux se sont multipliés de manière exponentielle.

W pour Walter Wesser Voltaire

Cinquième juge désigné pour instruire le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse, Walter Wesser Voltaire est le seul juge d’instruction de la Juridiction de Port-au-Prince à avoir un bureau en fonction. Il est aussi le juge d’instruction en charge du dossier de l’assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval. Deux grands dossiers qui, visiblement, n’ont pas connu de très grandes avancées jusqu’ici.


Et vous, quel mot de l’actualité nationale aurait mérité sa place dans ce classement ? A vos claviers mes ami•e•s !

13 janvier 2023

 

2022 en 22 mots (1/2)

Le lexique de l’actualité nationale de 2022 est empreint des différentes crises qui ont marqué notre quotidien, notamment la crise liéà la sécurité nationale caractérisée par une montée en puissance des gangs armés. Que ce soit dans la politique, dans le sport, dans l’économie ou dans la culture, cette année a été dominée par des personnalités ou des faits. De Ariel Henry en passant par le kidnapping ou la PNH, retour sur ces vingt-deux mots qui, à eux seuls résument l’actualité nationale de l’année 2022.

 

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A pour Ariel Henry

En 2022, Ariel Henry, premier ministre de fait aura célébré sa première année à la tête de la primature. Et ceci sans aucun bilan. Contesté et constamment attaqué pour sa gestion de l’État, Ariel Henry aura réussi à conserver le pouvoir grâce au support de la communauté internationale et un accord politique, rendu fragile depuis. Les manifestations populaires et les sanctions internationales contre les membres de son gouvernement n’auront pas affaiblies le locataire de la primature. Bien au contraire! A la faveur du « Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes », signé le 21 décembre dernier, Ariel Henry s’assure de rester au pouvoir jusqu’au 7 février 2024.

B pour BRH                                 

En début d’année, Le Nouvelliste a publié un article de Roberson Alphonse dont le titre « “BRH : Les perspectives pour l’économie haïtienne en 2022 demeurent mitigées” », a repris textuellement une séquence de la note de politique monétaire pour le premier trimestre de l’exercice fiscale 2021. La banque centrale savait à quoi s’attendre en 2022. Les erreurs qu’il ne fallait pas refaire et surtout, ce qu’il fallait corriger. En conférence de presse le 22 août, le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois a annoncé un train de mesure en vue maintenir l’ordre sur le marché des changes. Au moment de justifier les conséquences de ces mesures, dont l’injection de 150 millions de dollars sur le marché des changes, il a argumenté : « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Sauf que les œufs sont déjà cassés! L'omelette, à ce jour, n’est toujours pas prête.

C pour Carburant

La rareté de carburant a été l’une des crises majeures de 2022. Comme lors de l’année précédente, l’indisponibilité du carburant dans les pompes à essence a favorisé le marché parallèle, notamment lors du second semestre. Une crise qui a affecté, pendant plus de trois mois, le fonctionnement des banques commerciales, du transport en commun et des institutions sanitaires. Le retrait des subventions et la hausse des prix du carburant annoncée par le gouvernement, pour pallier à ce problème, a occasionné un autre épisode de pays lock durant plusieurs semaines.

D pour Dialogue

Un mot très en vogue en 2022, mais que finalement personne n’a semblé vouloir mettre en pratique. Au sein de l’opposition, comme au sein du gouvernement en place et du côté de l’international, à chaque sortie l’on a réclamé le dialogue. Pourtant dans la pratique, personne n’a voulu faire les sacrifices qu’il faut. Des multiples tentatives de dialogue avortées entre les signataires des accords de la Primature et de Montana, la leçon a été bien apprise. Le dialogue, en 2022, était un dialogue de sourd. La dernière tentative, celle d’un compromis politique historique n’a pas connu d’aboutissement jusque-là.

E pour EEH

Début juillet, lors d’une fouille dans des containers arrivés à la douane de Port-au-Prince sous la couverture de la franchise de l’Eglise Épiscopale d’Haïti (EEH), des armes à feu, des munitions et des faux billets de dollars américains ont été découverts. L’EEH a nié toute implication dans ce vaste trafic. Cependant, dans le cadre des investigations policières, plusieurs personnes en lien avec l’EEH ont été interpellées. Gina C. Rolls, commissionnaire en douane de l’EEH ; Père Frantz Cole, secrétaire exécutif diocésain de l’EEH ; Jean Gilles Jean Mary, comptable de l’EEH ont tous été interpelés par la police. D’autres collaborateurs de l’église épiscopale sont aussi recherchés dans le cadre de ce dossier. C'est le cas de : Vundla Sikhumbuzo, ancien directeur des opérations de ladite institution et Jean Mardoché Vil, président du comité permanent de l’EEH.

F pour Faim

L’ONU a indiqué que 4,7 millions d’Haïtiens soit 65% de la population, font face à une insécurité alimentaire aigüe. Dans le même rapport publié en octobre 2022, l’ONU a recensé près de 19 mille personnes à Cité Soleil, à l’époque ravagé par la guerre des gangs, qui ont atteint le niveau le plus élevé de l’insécurité. Parallèlement, l’UNICEF a indiqué que 100 mille enfants de moins de cinq ans souffrent déjà de malnutrition aiguë sévère. Dans les prisons haïtiennes, des dizaines de détenus sont décédés de faim.

G pour Gang armé

Durant cette année, les gangs ont été plus que présent dans l’actualité quotidienne. Guerres de territoire à Croix-des-Bouquets et à Cité-Soleil, enlèvements, viols, vols, tueries, attaque de biens public et privés, affrontements avec les forces de l’ordre et des gangs rivaux, blocage de route, enlèvements ... La liste de leurs actions est bien longue. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, en 2022 les gangs armés ont renforcé leur force de frappe sous le regard passif, ou du moins impuissant, des autorités haïtiennes. 

H pour Hugo Chavez

La place Hugo Chavez de Maïs-Gâté a été l’un des lieux de refuge de plusieurs centaines de membres de la population. Fuyant la guerre des gangs à Cité-Soleil, ils se sont réfugiés sur cette place publique. Ils ont vécu dans des conditions inhumaines, sous les caprices de la météo. Une autre catastrophe humanitaire, que les journalistes n’ont pas manqué de relever pendant des mois. À la mi-novembre, ces réfugiés ont été contraints d’abandonner le site. Depuis, personne n’est en mesure de dire ce qu’il en est de ces habitants victimes de la guerre des gangs. 

I pour Inflation

En décembre de l’année dernière, le taux d’inflation annuelle en Haïti était de 24,6%. C’est ce qu’a indiqué la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans sa note de politique monétaire pour le dernier trimestre de 2021. En février 2022, l’inflation s’est crûe à 25,2%. Au mois de juillet 2022, l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) a calculé l’inflation à 30,5%. Pour le trimestre août-octobre 2022, l’inflation annualisée a été chiffrée 47,2 %. Les épisodes de pays lock, la détérioration du climat sécuritaire et le contexte géopolitique international dominé par la guerre entre l’Ukraine et la Russie sont, entre autres, des raisons qui ont amplifié ce phénomène et qui ont fait de l’inflation l’un des piliers de l’actualité de 2022.

J pour Journaliste

Les journalistes haïtiens n’ont pas eu la vie facile en 2022. En début d’année, deux journalistes ont été tués à Laboule 12 et leurs restes brulés. En février 2022, le journaliste Maxiben Lazarre, touché par balle alors qu’il assurait la couverture d’une manifestation d’ouvriers, a succombé à ses blessures. Deux autres journalistes ont été tués, le 11 septembre 2022, à Cité Soleil alors qu’ils revenaient de réaliser un reportage dans un quartier de ladite commune. Dans la ville des Cayes, le corps sans vie du journaliste Gary Tess a été retrouvé des jours après sa disparition en octobre dernier.  Le même jour, à Delmas, Roberson Alphonse, journaliste à Le Nouvelliste et Magik9 a été victime d’une tentative d’assassinat. Selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH, novembre 2022), pas moins d’une vingtaine de journaliste a été blessé au cours de l’année. Dans son bilan annuel, Reporter Sans Frontière a dénombré six cas d’homicides concernant des journalistes haïtiens.

K pour Kidnapping

Au cours de l’année 2022, les cas de kidnappings ont été monnaie courante. À Martissant, au Centre-Ville de Port-au-Prince et dans la zone métropolitaine et dans des villes de province. Pas un jour ne passse sans un signalement d’un nouveau cas de kidnapping dans les éditions de nouvelles. Dans un rapport présenté au conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en octobre 2022, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dit avoir recensé « 877 enlèvements de personnes, dont 182 femmes, 13 filles et 15 garçons » seulement pour la période allant du 1er janvier au 31 août 2022.

L pour Luis Amalgro

Dans un communiqué publié en août, le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Luis Amalgro est revenu sur le bilan de la communauté internationale en Haïti. Le document intitulé « démocratie et sécurité » est un aveu cinglant pour la communauté internationale. Le communiqué a surpris tout le monde et n’a pas manqué de susciter des réactions chez des acteurs locaux.

 

Et vous, quel mot de l’actualité nationale aurait mérité une place dans ce classement ? A vos claviers mes ami•e•s !

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