26 janvier 2023

La chronique de J-One

 

La chronique de J-One

Les jours passent, les mauvaises nouvelles demeurent. Mais toujours est-il qu’on a cette manie de réagir à vif. Avec nous c’est sitôt chaud, sitôt cuit. Après, on retourne à la routine. Nous agissons continuellement ainsi. Notre indignation ne dure jamais. Il suffit d’un rien pour qu’on oublie tout, pour qu’on pardonne tout et pour qu’on replonge dans le même bourbier. Aujourd’hui, on est en colère à cause de ces policiers tués, demain on sera les premiers à dire mort aux policiers. Il en est ainsi dans ce pays. Hier, on a tenté de trouver un bouc émissaire. Et aujourd’hui à qui la faute ?

Et pendant qu’on revendique des choses justes, on met abcès sur clou. Au moins deux élèves ont été tués au cours de ces mouvements. Hier encore, on lançait des appels pour la reprise des activités scolaires et aujourd’hui, on ne veut même pas les protéger. À la Cité de l’Indépendance, les protestataires ont libéré des individus interpellés par la police. Pire encore, l’un deux est accusé d’être un membre puissant d’un gang de la région. On n’est pas sorti de l’auberge. Et pendant ce temps, ceux-là qui hier, s’indignaient contre la moindre attaque dans la république, ne pipe mot aujourd’hui. Silence radio de maitre Dame, qui souffre d’amygdalite à chaque nouvelle tuerie depuis son ascension au pouvoir et qui est hospitalisé à ASU. Preuve que l’homme aux abords du pouvoir n’est jamais l’homme au pouvoir.

Alors que le premier minus revenait d'Argentine, il a eu droit à un bon petit comité d’accueil à l’aéroport. On raconte qu’il a failli prendre dans zobop. Les policiers sont allés lui souhaiter la bienvenue, il a dû prendre les jambes à son cou pour échapper à ce trop plein d'amour. Vraisemblablement, la petite sirène se fait marron. Les protestataires se sont rendus chez lui et à sa résidence officielle. Pris de peur, il a dû se rendre dans une destination gardée secrète. Quand un chef n’est même pas capable de se protéger, croyez-vous vraiment qu’il pourra vous protéger ?

Ah ! Pendant ce temps, celui qui vaincu le lièvre supplie le premier minus de lui faire une place pour lutter contre l’insécurité. Il a du culot pour oser faire une telle demande. Celui-là même qui est sanctionné par des gros pays parce qu'on l'accuse d'être dans tété langue avec des bandits. Franchement, ce serait comme mettre le chat à surveiller la mantègue.

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