La chronique
de J-One
Ce soir, même la lune est en deuil. Elle s’éclipse devant
ce spectacle d’horreur. Pas moins de 6 policiers tués par des bandits cet
après-midi. Leurs corps ont été exposés comme de vulgaires trophées. Encore de
nouvelles familles endeuillées. Encore un nouvel orphelin de père. Et encore un
autre homme parti trop tôt en voulant servir sa patrie. Les policiers sont
livrés à eux-mêmes comme des petits mils
sans gardiens. À chaque nouvelle opération, on déplore de nouvelles pertes en vie humaine. D’un autre côté, des élèves d’une école ont été blessés par
balles lors d’affrontement entre policiers et gangs armés. Le minus qui chante tout partout que Lekòl pa ka tann, semble ne pas être au courant, car cette semaine
il est à fond dans la livraison des livres
iniques.
Qu’avons-nous fait pour mériter cela ? Nous avons crié à bas l’intellectuelle, donnez-nous le vagabond ! Et le résultat est là. Eux, ils ont crié de relâcher le voleur et de crucifier celui qui est censé être le fils de Dieu venu sur terre. Le résultat ? Ils sont parmi les plus riches de Wall Street. On dirait que la divine providence a deux poids de mesure !
Demain, on ressort les mêmes vieux tweets. Les « Je
condamne… Je me révolte… Crime odieux… Crime crapuleux… Crime sans nom… »
Et après ? Rien. Comme c’était le cas à Village de Dieu en mars 2021, ou
plus près nous, le vendredi 20 janvier. Ils vont probablement visiter les familles
des victimes, faire des promesses qu’ils ne vont pas tenir de toute façon,
faire des photos pour la presse et attendre le prochain drame. Et puis, il y a
de ces gens qui vont profiter pour réclamer cette intervention qu’ils veulent à
tout prix, comme si c’était la solution à tous nos problèmes.
Pendant ce temps, celui qui se croit seul maitre à bord
de ce bateau qui coule, part faire des courbettes aux vrais chefs d’Etat. On
kidnappe, on tue, on viole, on vole. Cela ne lui dit rien dans rien. De toute façon, ce ne sont pas ses problèmes. Les siens ? Rassurez ces (ses) blancs qui l'ont placé au pouvoir et se mettre
dans de bonnes dispositions pour qu’il exécute avec toute la précision d’un
neurochirurgien leurs directives. Pendant qu’on y est : où est passé l’autre
accord, celui qui est éponyme à l’hôtel ? Et surtout, où est le conseil de
transition peuple souverain ? Nèg yo
ranse !
Alors que les bandits asphyxient la population et que celle-ci cherche tous les moyens possibles pour larguer ses pieds, petit cœur sauté. Ce matin, à la radio elle a appris que des États de l’autre bord tentent de suspendre le programme. Leur seule chance de partir dans les règles. Ceux qui savent prier, prient. Ceux qui savent jeter de l’eau, jettent de l’eau. C’est trop beau pour que cela se termine ainsi!
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