30 mars 2024

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Le tombeau de Jésus placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses

Le tombeau de Jésus a été placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses auprès de Ponce Pilate, a informé le bureau du gouverneur. Cette demande a été faite après le service du culte tenu ce matin à la synagogue de Jérusalem.

Selon l'ordonnance dont copie est parvenue à la rédaction, cette mesure adoptée à titre temporaire vise à empêcher que « ses disciples ne viennent pas dérober le corps », et faire croire à la population qu’ « Il est ressuscité des morts ».

D'après les responsables religieux, lors de ses prédications, Jésus a expliqué qu'il sera tué puis ressuscitera au troisième jour. Des propos confirmés par d'autres sources indépendantes justifiant la mesure de placer le tombeau sous haute surveillance jusqu'au troisième jour, d'après l'ordonnance du gouverneur. Une centurie a été dépêchée sur les lieux du tombeau situé dans le jardin non loin de Golgotha.

Un journaliste présent sur place a rapporté que la pierre placée à l'entrée du tombeau a été scellée et des soldats ont été vus faire leurs rondes autour du sépulcre.

La synagogue de Jérusalem n'a pas rassemblé grand monde ce samedi. Seuls quelques responsables religieux et leurs familles ont assisté au service. Après lecture de la Torah suivie d'un bref commentaire, l'assistance a été renvoyée. Les docteurs de la loi ont reporté la séance habituelle de questions-réponses au plus prochain service.

Autre raison pour laquelle le service n'a pas duré, le voile du temple a été déchiré hier. Un phénomène qui a surpris plus d'un. Jusqu'à ce matin, aucune disposition n'a été prise pour séparer le lieu Très Saint du temple.

Aucun membre de la famille de Jésus n'a assisté au service. Selon une source locale, très tard hier soir, la mère a été vue près du sépulcre accompagnée de deux autres femmes avant de regagner leur domicile où elles ont été rejointes par Jean, proche ami de Jésus. Pour ce qui est des disciples, pris de peur, ils se sont retirés dans un lieu tenu secret jusqu'ici.

Suite au service hebdomadaire, les responsables religieux ont tenu conseil, où la décision de placer le tombeau sous haute surveillance a été proposée par des sadducéens, majoritaires au sein du sanhédrin. Au contraire des pharisiens, les sadducéens sont contre l'idée de la résurrection des morts.

* L’article a été publié pour la première fois en l’an 30 de notre ère en langue araméenne.

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Le corps de Jésus détaché de la croix et mis en tombeau avant le shabbat

La dépouille de Jésus a été mise en sépulture sans cérémonie dans l’après-midi du vendredi 15 nisan, peu avant l'heure du shabbat, a-t-on appris de source proche du gouverneur. Interpellé dans la soirée du jeudi 14 nisan au mont des Oliviers, le natif de Nazareth a été crucifié et déclaré mort vers la neuvième heure.

Le juge Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, a autorisé peu avant l'heure du shabbat que le corps de Jésus soit mis en sépulture. Cette autorisation a été accordée à Joseph, un riche habitant d'Arimathée après une audience auprès du gouverneur.

Le corps a été descendu de la croix et a été remis à Joseph qui l'a enveloppé dans un takhrikhim sans cercueil avant d'être placé au tombeau sans cérémonie, a confirmé à la rédaction une source sûre. D’après notre contact, le défunt n'a eu droit ni à la tahara ni au kaddish au moment de la mise en tombeau comme le veut la tradition juive.

Un procès aussi médiatisé que spectaculaire

Interpellé au mont des Oliviers en cours de soirée de la Pâques, Jésus a été livré par l'un de ses amis, Judas, « l’Iscariote », contre trente pièces d'argent. Ce dernier a été retrouvé pendu ce matin. La justice romaine a penché pour un suicide. Bien avant cela, Judas a remis « l'argent du crime » aux responsables religieux, a rapporté des témoins présents au temple ce matin.

Jugé le soir même de son interpellation par le grand prête juif Joseph [Caïphe], selon les faits présentés, Jésus a été accusé de blasphème contre le temple et contre Dieu par les principaux sacrificateurs, le sanhédrin et quelques anciens. Il a refusé de se prononcer tout au long de son interrogatoire.

Devant ce refus, et en absence de preuve et de témoins, le grand prête a envoyé le prévenu devant les autorités romaines pour être jugé pour complot contre la sûreté de l'État et répondre des accusations faisant croire qu'il s’est autoproclamé « roi des Juifs ».

Conduit au petit matin du vendredi 15 nisan devant le gouverneur Pilate pour répondre de ces accusations, le natif de Nazareth n'a pas bronché et a refusé encore une fois de répondre aux questions du juge. Sous l'insistance de la foule et des responsables religieux juifs, Pilate a pris ses distances de l'affaire et accepté le verdict de la foule selon le principe de la « vox populi, vox Dei », ce, afin d'éviter tout soulèvement populaire qui pourrait fragiliser encore plus l'empire.

Après avoir été battu et humilié par les soldats romains, Jésus a été crucifié au mont Golgotha en dehors de la ville au milieu de deux malfaiteurs. Mort à 33 ans, Jésus est le fils de Marie et de Joseph, des natifs de Bethléem. Le père a été déclaré mort quelques années plus tôt dans des conditions peu claires. Tout comme la naissance de son premier fils reste un mystère à ce jour.

Depuis 3 ans, Jésus a été au centre des conversations dans la Cité. Il a attiré la grande foule partout où il s'est présenté. Des cas de résurrections et de guérisons spectaculaires de sa part ont été rapportés par de nombreux témoins dont la dernière en date, celui de Lazare, un natif de Béthanie, décédé depuis trois jours. Très connu pour ses enseignements qui, parfois peuvent être sujets à controverses, Jésus n'avait pas la cote auprès des responsables religieux notamment.

Contacté par la rédaction aucun membre de la famille n'a souhaité réagir à la manière dont Jésus a été traité et tué. Quant à ses disciples, ils restent injoignables jusqu'au moment de la rédaction de cet article. Le dernier qui s'est manifesté en public, un certain Simon, également appelé Pierre, un ancien pêcheur juif, ne répond pas aux nombreuses sollicitations du journal.

[Cet article peut être modifié dans les prochaines heures]

* L’article a été publié pour la première fois en l’an 30 de notre ère en langue araméenne.

 

03 mars 2024

Kwonik Dyesèl


La connexion internet de la Digicel et dans quelques zones, celle de la Natcom ne fonctionnent plus. On a bien l'impression que cette nouvelle fait plus de mal que les attaques sanglantes perpétrées par les bandes armées. La capitale et ses environs sont à un niveau de panique jamais atteint jusqu'ici. Le pénitencier national, plus grand centre carcéral du pays et la prison civile de la Croix-des-Bouquets ont recraché les criminels dangereux qu'ils retenaient tant bien que mal derrière leur quatre murailles.

Jozafa, lui, n'en a que faire de ces histoires à dormir debout, ce n'est pas la première fois que le pays est en ébullition. Depuis ce matin il entend parler de groupes de gangs qui se sont fédérés. En son for intérieur il sait que quelques liasses de billets verts suffiront à faire vaciller cette coalition conjoncturelle et boiteuse. Et l'on repartira sur une autre guerre entre gangs dont la principale victime sera la population. Same old stories. Un déjà-vu pour les Haïtiens du pays.

Cette nouvelle période de "lòk" qui s'annonce sera bien plus facile à supporter que les autres. Non pas que la misère et la crasse aient cessé de nous engloutir, mais nous autres, on s'habitue à tout et n'importe quoi très rapidement. Seul le manque de clairin pourrait stresser Jozafa. Heureusement, ça ne se produira pas de sitôt.

Dans ces moments, notre homme ne quitte jamais le quartier car son visage "make l ap fè l vre" comme le disent si bien les gens du petit peuple. De plus, il y a des anciens prisonniers qui circulent en toute liberté, l'un d'eux pourrait bien lui ressembler. Pour Jozafa, les mots magiques sont sommeil et clairin. Avec ça il pourra survivre le temps qu'il faudra.


Herbert N.

02 mars 2024

La chronique de J-One

La chronique de J-One

Un beau jour, des dirigeants politiques, grâce à l'action ou l'inaction des uns et des autres, ont décidé d'armer des civils pour continuer à faire et défaire dans le pays. Ces bandes armées ont été protégées, nourries et blanchies par ces politiciens avides de pouvoir et de sang.

Un beau jour, la machine s'est enrayée. Celui qui se croyait maître du jeu a perdu la main. Les bandes armées ont atteint une certaine autonomie. Martissant, Croix-des-Bouquets, Tabarre, Canaan, Bon-Repos, Cité-Soleil... Les exemples ne manquent pas pour montrer leur autonomie.

Un beau jour, un pays à l'histoire si grande, autrefois surnommé la Perle des Antilles, est maintenant confronté à la menace d'extinction en raison de luttes fratricides et de la circulation d'armes, qu'il n'a pas produit, sur son territoire.

Ce soir, on a peut-être atteint le bout du bout. La capitale et ses environs sont à feu et à sang. Concert d'armes automatiques et pluies de balles sur Port-au-Prince. Les nouvelles qui arrivent sont de plus en plus bouleversantes. Personne ne sait ce qui adviendra dans les prochaines heures. Mourrons-nous tous?

C'est la chronique d'un génocide annoncé. La chronique de la désespérance. 

2 mars 2024 (Jour 3 du génocide)

27 mai 2023

Kwonik Dyesèl

 Tèt kale

Misye parèt devan an san prese, li konsilte mont li avan l rantre.

- Hey! ou gen kenz minit reta wi ti nèg.

- Dezole m te pran nan blokis.

- Se pa grav cheri. Epi epa w pa bo m, kèk lòt fanm ou kwaze sou wout la wi ki fè w gentan pa ret sou mwen an.

- Ah… Ki bagay lòt fanm w ap pale la a? Apèn m ap parèt ou tou atrap mwen ak yon koze reta.

Yon bizou ki te dwe dire yon mòso segond, pran dis pito. Lè moun yo resi dekole bouch yo, Dyesèl enstale kò l anfas fi a.

- Bon, Melissa kote bo nou fè a pou w te gentan nan refade bouch ou a?

- Sa w pa konnen jeune homme, sèke fa sa a se youn nan zouti m te itilize pou m sedui w yo. Manmzèl di sa ak yon ti souri koken arebò machwè li.

Dyesèl fin louvri bouch li pou l reponn, men li bay vag. Di Melissa se tèt bouda l sèlman ki te atire atansyon l p ap yon bon lide.

- Epa se nan yon otèl ou te banm randevou a bb? Sa etone m wi. Jeneralman se gason ki pran mòd inisyativ sa yo.

- Se yon bèl ti espas. Epi m te vle fè lè pou ti sè m nan al nan kou, otèl la pa twò lwen lakay la.

Misye leve tèt li pou l gade, efektivman espas la elegan. Gen plizyè flè ki sòti nan rantre a jouk rive nan bar la. Pi devan gen yon gwo pisin ak de koup k ap benyen ladan l. A yon dizèn mèt distans, chanm yo tou aksesib, yon nonm te mèt gen yon kantite kleren egzajere nan tèt li, l ap jwenn yo san fòse. Dyèsel gentan konprann pouki chanm yo tou pre ak pisin nan konsa, se pou lè gen ijans. Detay sa a amize l.

- Ou pa bezwen ap souri non cheri, jodi a sa p ap fini sou kabann.

- E pa t menm sa ki te nan tèt mwen menm. Men si sa p ap fini sou kabann, pouki se nan yon otèl ou chwazi trennen m baby?

- Bon, nou gen plis pase de mwa depi nou renmen, mwen vle mennen w lakay mwen jodi a.

- Men bb ou te ka jis banm adrès kay la.

- Te kwè m di w sa deja, ti sè m nan pral nan kou talè. Mwen vle nou nan kay la poukont nou.

Li gade Dyesèl dwat nan je lè l ap di sa, yon fason pou misye byen konprann souzantandi a. Poutan li fenk sot di sa p ap fini sou kabann.

- E paran w, yo pa prezan ?

- Manmi m an pwovens depi yè. Papi m en voyage d'affaires.

- Ebyen kay pou nou wi la a.

Sèvè a pote de byè, li debouche yo apre sa li vire. Moun yo poko menm bwè demi nan boutèy la, yon mesaj monte sou telefòn Melissa a. Iphone nan fè bri, flach ki nan do l la bay yon ti kout limyè.

- Sa se mesaj mwen t ap tann lan. Ti sè m nan deplase, ann ale cheri.

Dyesèl derape pou li al peye byè yo.

- Attends bb, c'est moi qui paie. Dayè se mwen ki te envite w. Sere tout bonne volonté sa a pou lè nou rive.

Aprè yon ti tan...

- Kay la pa t lwen vre non, m pa menm kwè nou pran senk minit pou nou rive.

- Sa vle di w te met pawòl mwen andout ? Ton Melissa di sa a pa agreyab ditou.

- Non bb se pa sa mwen di, mwen te senpleman panse n ap pran plis tan nan wout. Dyèsel reponn dosilman, e pa lè li fin rive nan kay la pou sa vin gate.

- Ou gen chans. Rantre vit pou chen yo pa sòti.

Kè Dyesèl fè vap.

- Anh1 gen chen isi a epi w pa di m sa/

- Sanble w kapon bb ?

- E pa kapon non, mwen pridan.

- Fara te mare yo anvan l sòti, e pa yo nan kwen garaj la.

- Gad gwosè tèt yo, sa pa chen ayisyen non bb ?

- Pittbul yo ye bb.

 

Dyesèl fè yon ti delese chen yo pou l gade lakou a. Garaj la gen twa machin dènye modèl ladan l, sou bò dwat la gen yon jaden men lajè. Pi lwen, jouk nan ekstremite teren an, misye dekouvri chato a. Li etale sou twa etaj, tout estrikti a fèt ak fè, bwa epi vit.

- Sa w genyen w pèdi nan kay la konsa a ti nèg ? Ann rantre.

- À vos ordres madame.

- Depi kilè w te chevaleresque konsa a menm ?

- Depi lè m dekouvri ou se yon prensès la.

- Sa fè de ou Prince charmant mwen an ebyen ? Ou gad twòp fim wi bb.

 

San li pa bay misye tan pou l kontanple andedan an, Melissa trennen l nan chanm li an dwat.

- Ret tann mwen la, m pral rafrechi mwen. Epi l pouse misye sou kabann lan.

 

Dyesèl ki konn sa k ap tann li, kòmanse met tèt li alèz, talè pral gen aksyon. Tou rilaks, misye deboutonnen chemiz li. Apre sa li fè ti fokis sou chanm lan. Sou kwafez la, gen plizyè pafen diferan ki ranje anplis de tout yon asenal makiyaj. Gen de linèt fantezi mov ki tou kole ak miwa a epi gen yon demi boutèy hand sanitizer tou pre a. Nan kwen dwat la, gen twa anbalaj piwili plis yon po Pringles vid.

Misye kontinye ap gade. Gen yon gwo chèz ki sou bò dwat kabann nan ak tout yon parapli mov panche sou pye l. Tou kole ak chèz la, gen yon ti pànye ki gen kèk grenn mòso rad ladan l. Anlè chèz la, gen yon imaj ki afiche tout pozisyon Kamasûtra yo, misye fè ti souri. Epi nan vire tèt li konsa, Dyesèl al tonbe sou yon pòtrè Michel Martelly tou souriyan ak kravat wòz li nan kou l, egzakteman anfas kabann lan. Idemyatman san misye bouyi, ensten l di l li an danje, fòk li degèpi rapid. San fè bri, misye wete kò l nan chanm nan epi l pran direksyon deyò pou li.

- Pou tout fanm ki gen nan lari a, epi se sou yon fanatik nonm sa a m tonbe, vye moun nèt. Ala ti nèg pa gen chans papa.

 

Misye degrengole eskalye yo, li tou ap priye pou chen yo pa fè bri lè li rive bò garaj la. Chans pou li sa fèt, li kouri franchi baryè prensipal la.

- Chofè al lage m bò stad. M prese man.

- W ap peye bon ti bwas wi baz.

- Pa enkyete w pou sa, jis banm gaz zanmi, byennèt moral mwen menase.


Herbert N.

 

 

22 mai 2023

La chronique de J-One

 

La Chronique de J-One 

La parade est terminée. Le 18 mai aura été célébré à des lieux de son site historique mais pour le gouvernement ce n’est rien. Reporter la célébration de l'indépendance du 1er janvier au 7 février, pour ce gouvernement, c’est du pareil au même. Le seul vrai coup qu’auront réussi le premier ministre et sa bande, de un: c’est d’aller organiser une telle manifestation sur le terrain d’un prétendu adversaire politique. Et de deux: c’est d’avoir survolé le problème, c’est-à-dire la terre promise. Ah! Il est tout aussi important de souligner que bien avant, la capitale a eu droit à sa petite célébration. Non! Pas au MUPANAH. Maintenant les célébrations du gouvernement se font dans les hôtels en manque de touristes et de visiteurs.

Le fils de Dessalines n’a pas pipé mot, lui qui était si zélé pour lancer la mobilisation dans le nord. Si l’argent fait chien danser, il fait taire les politiques aussi. Je dis ça, je ne dis rien. En parlant d’argent, lors de la célébration de la fête du drapeau, on a eu droit aussi à un distributeur d’argent ambulant. Distributeur de 500 gourdes pour encourager ses partisans à soutenir leur grotesque comédie. On aura tout vu sous ce beau ciel.

Et puis comme on aime dire souvent : "Après danse, tambour lourd". Fuir la capitale et ses bandits légaux ne résout pas le problème. Mais bon, le HCT semble avoir la solution. Il tient son forum sur la sécurité. On va décider du sort de la sécurité avec des experts de rien du tout, boire du café et du thé, gaspiller l’argent de l’Etat. Après on aura le temps de faire son mea culpa. De toute façon, leurs péchés leurs sont pardonnés d’avance.

En bref, les bandits continuent de ferrailler. Les policiers sont de plus en plus impuissants. Les chefs sont plus que jamais insouciants. Le désespoir bat son plein. Hier encore au pied des héros à Vertières, un homme s’est immolé. Frank lui-même, au milieu de son désespoir n’a pas pu se donner la mort. Cet homme, lui, a pu. Il s’est tué par le feu, sous les yeux d’une foule excitée par ce spectacle mais qui n’a rien fait pour l’en empêcher. Et si c’était une manière de traduire le comportement de cette communauté internationale à notre égard. Nous regarder nous entretuer et ne rien faire du tout, du moins contempler.

14 mai 2023

Kwonik Dyesèl

 

Sa ki pa bon an bon

Yin ak Yang. Senbòl byen ak mal. Kredi: Foto Google


Sou wout la chaje pousyè. E van sa a k ap soufle ak yon vyolans tèt chaje a transfòme katye a an dezè Sahara. Mas tè a ap vòltije anlè a kouwè fèy bwa lè lotòn pwente. Erezman Katyana te mache ak yon foula, li kouri vlope tèt li pou pousyè a pa fin sal cheve l nèt. Men malerezman pou li, manmzèl pa t pote kachnen nan valiz la, apre de twa rafal, van an fann lèv li. Kòm operasyon li pral mennen an mande fòk bouch li byen klere, li pat bliye trenbale yon ti bwat pomad Vazlin. Konsa tanzantan, li pase dwèt li arebò bwat la epi l aplike pomad la sou tout sifas lèv pilpez li yo. Fòs van an anvi dekouraje l, men Katyana konnen misyon sa a gen yon enpòtans kapital pou suit lavi l. Li oblije pran kouraj li ak de men pou li regle sa kòmsadwa.

Manmzèl konnen Dyesèl p ap yon kliyan ki fasil, men li detèmine pou li itilize tout atou l gen nan manch li pou l konvenk misye. Fòk mouche a rive aksepte pitit ki gen twa mwa ap grandi nan vant li an se pou li, sinon kaka ap voye. Se pou sa li mete ti wòb kole sa a sou li epi san soutyen ni kilòt. Malgre sou tout wout la entimite l ekspoze ak enfeksyon pousyè a ka koze, manmzèl te oblije pran lari a konsa, paske fòm kò l se yon zam ki ka ede l amadoure ti nonm lan pi rapid.

Ofon, Katyana rekonèt li te manke pasyans. Se sa ki lakoz li nan sa li ye a. Yon semèn apre l fin kraze relasyon li te genyen ak Dyesèl la, misye vin jwenn yon bèl djòb nan yon òganizasyon entènasyonal. Epi selon sa manmzèl tande, se pa yon pòs raz misye okipe, sa vle di salè mansyèl li ap konfòtab anpil. Menmsi lanmou patap mo ideyal pou li esplike sa l santi pou Dyesèl, men kanmenm nan fason li apresye misye a yo t ap ka antann yo pou yo konstwi yon kichòy, sitou misye pa t konn ezite mete mwayen nan men l lè sa bon. Ak nouvo travay sa a, se an gran lam de limena li ta pral poste sou katye a. Nan twa mwa ki sot pase yo, erè sa a twomatize l nan yon pwen, menm somèy li te pèdi.

Sa ki pase, tout pandan li te renmen ak Dyesèl la, Katyana pa t janm sispann fè ti tchèk sou kote, konsa li toujou gen ti bwas nan men l paske li pa konn fonksyone san biyè vèt yo pa kwoke nan tèt kilòt li. Men gen youn nan nèg yo ki vire lòlòj li. Konsa de jou aprè li fin fè bagay ak menaj li, li al fonksyone ak ti mouche a san li pa takse l epi san yo pa itilize kapòt nonplis. Se pil pwomès menm ti nonm sa a te konn ap fè l yo ki motive manmzèl kite Dyesèl. Lè règ pa vini, an bon dayiva ki metrize koze l, li gentan gen sètitid se semans ti nonm nan k ap jèmen nan vant li. Manmzèl annik aprann misye li ansent pou li, nonm nan disparèt ak yon vitès, menm politisyen isit yo pa gen ase konpetans pou yo disparèt lajan ti pèp la rapid konsa. Li oblije pran sa an men. Malgre plizyè tantantiv pou li avòte, anyen pa t mache. Li bwè plizyè melanj natirèl, li vale plizyè konprime diferan, tout se tan pèdi. Kounya li sou twa mwa gwòs, si li eseye yon metòd ki pi radikal, asireman l ap tou rejwenn peyi san chapo menm jan ak bebe a.

Se tout evenman sa yo ki kondui Katyana dwat sou wout chaje pousyè li ye a. Jodi a se samdi, Dyesèl pa travay nan wikenn, asireman l ap jwenn misye lakay li. Entansite van k ap soufle a pa janm bese, men manmzèl p ap pran dis minit pou l rive. Motivasyon l double, li kontinye mache.

Nan menm moman an, Dyesèl resevwa yon mesaj sou imèl li, se òganizasyon an ki voye l. Pou misye rive jwi tout avantaj fonksyonè entènasyonal yo abitye benefisye nan mond lan, yo te soumèt li ak yon pakèt tès medikal ki dwe bay nan ki eta sante l ye, konsa responsab yo ap konnen sou konbyen lane misye ap kapab founi bon pèfòmans. Tout rezilta yo te satisfezan, se ka ki fè Dyesèl te rive siyen kontra a. Men pami tout tès yo te gen yon espèmogram, rezilta a pa t ko rive jwenn misye. Mesaj ki monte sou telefòn li an se sijè sa a li abòde. Lè nonm nan louvri imèl la, twa fraz li li yo manke rete kè l : misye esteril.

Dyesèl pa t ko janm reflechi a fonde yon fwaye, men depi lè li jwenn travay sa a, koze fè pitit la travèse lespri l a plizyè repriz. Non sèlman li t ap jwenn ase mwayen pou li byen asire levasyon tchovi a, mete sou sa, posibilite òganizayon an ba li pou l konstwi yon bèl karyè t ap pèmèt li bay pitit la tout atansyon li merite. Grenn imèl sa a baleye tout rèv entim sa yo misye t ap nouri a. Pandan l ap eseye dijere nouvo reyalite sa a, pòt la frape. Dyesèl ranmase kouray li epi li ale louvri.

Je misye tonbe dwat nan je Katyana. Nan tan nòmal li t ap fèmen pòt la nan figi manmzèl ak vyolans, men fason imèl la sekwe zantray li yo anpeche l aji konsa. Misye jis fè yon ti ekate epi li bay fi a rantre. Pandan manmzèl ap chita a, li bouje kò l yon jan pou nonm lan remake li pa pote souvètman, domaj efè li te atann lan pa fèt, ta sanble gen yon lòt bagay ki akapare lespri Dyesèl. Kounya Katyana vin pa gen lòt chwa, se ak mo k ap sòti nan bouch li pou li konvenk misye.

Manmzèl tanmen rakonte istwa a san l pa bliye presize jan absans Dyesèl nan lavi l lakoz li pa ka ni manje byen ni dòmi byen. Li pousuiv pou li esplike jan li renmen l epi nan ki nivo li regrèt separasyon an. Nan fen istwa a li di misye se ak kè kontan li te aprann Dyesèl te kite yon pitit ap grandi nan vant li, petèt sa ka pèmèt yo rekole mòso yo yon fason pou yo ka fonde yon fwaye. Nonm lan t ap tande tout sa Katyana ap di yo ak atansyon, kòm li te toujou renmen manmzèl li patap gen pyès pwoblèm pou l tounen avè l. Men lè mo ansent lan pwononse, Dyesèl tonbe ri.

Lè misye remake vizaj Katyana make sipriz, li louvri bouch li pou l esplike manmzè l rezon ki fè l ap rikane konsa a. Apèn Dyesèl fin di l li esteril la, li pete yon ri ankò epi l di byen fò : « Gad jan mwen chape anba grif yon lougawou! Sa k pa bon an bon vre tande. Lavi pap di w ! » Apre sa misye retwouve san fwa l pou li di manmzèl fout li deyò la a avan l pa trennen l jete nan lari a li menm. Katyana ki santi l blese nan ògèy li paske kou a pa mache, tonbe fè eskandal anndan an. Li di misye : « Kote m t ap kite vye egare tankou w vin gwòs mwen ? Mwen te vin la a pou m ba w pot chay la paske m tande w gen ti mwayen nan men w kounya, men bèl fanm ou wè devan w lan patap janm ka manman pitit ou tande ti enpav ! » Epi tou an kòlè manmzèl sòti, li kite misye ak tout sezisman anndan an.

Pandan Dyesèl ap reflechi ak sa Katyana sot revele a, misye di tèt li gade jan manmzèl gen fyèl, melanj rizèz ak mechanste sa a pa ka karakteristik bon moun. Poutan si se pa t bagay ansent sa a li t ap tounen ak fi a wi. Epi pandan misye ap sekwe tèt li konsa, yon lòt imèl monte sou telefòn nan. Anfèt rezilta ki rive jwenn li an se pat pa li a. Boutofen Dyesèl pa esteril vre, semans misye tèlman rich, yon sèl kout gouday sifi pou l ponn plizyè pitit. Ala nouvèl rejwisan sa, se atò Dyesèl pete ri anndan an. Lè gòj li fè l mal atò, li kouri al achte yon boutèy wonm a pou li selebre pakèt bon nouvèl sa yo.


Herbert N.

 

 

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