La
connexion internet de la Digicel et dans quelques zones, celle de la Natcom ne
fonctionnent plus. On a bien l'impression que cette nouvelle fait plus de mal
que les attaques sanglantes perpétrées par les bandes armées. La capitale et
ses environs sont à un niveau de panique jamais atteint jusqu'ici. Le
pénitencier national, plus grand centre carcéral du pays et la prison civile de
la Croix-des-Bouquets ont recraché les criminels dangereux qu'ils retenaient
tant bien que mal derrière leur quatre murailles.
Jozafa, lui, n'en
a que faire de ces histoires à dormir debout, ce n'est pas la première fois que
le pays est en ébullition. Depuis ce matin il entend parler de groupes de gangs
qui se sont fédérés. En son for intérieur il sait que quelques liasses de billets
verts suffiront à faire vaciller cette coalition conjoncturelle et boiteuse. Et
l'on repartira sur une autre guerre entre gangs dont la principale victime sera
la population. Same old stories. Un
déjà-vu pour les Haïtiens du pays.
Cette nouvelle
période de "lòk" qui s'annonce sera bien plus facile à supporter que
les autres. Non pas que la misère et la crasse aient cessé de nous engloutir,
mais nous autres, on s'habitue à tout et n'importe quoi très rapidement. Seul
le manque de clairin pourrait stresser Jozafa. Heureusement, ça ne se produira
pas de sitôt.
Dans ces moments,
notre homme ne quitte jamais le quartier car son visage "make l ap fè l
vre" comme le disent si bien les gens du petit peuple. De plus, il y a des
anciens prisonniers qui circulent en toute liberté, l'un d'eux pourrait bien
lui ressembler. Pour Jozafa, les mots magiques sont sommeil et clairin. Avec ça
il pourra survivre le temps qu'il faudra.
Herbert N.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire