30 mars 2024

Page retrouvée

Le tombeau de Jésus placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses

Le tombeau de Jésus a été placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses auprès de Ponce Pilate, a informé le bureau du gouverneur. Cette demande a été faite après le service du culte tenu ce matin à la synagogue de Jérusalem.

Selon l'ordonnance dont copie est parvenue à la rédaction, cette mesure adoptée à titre temporaire vise à empêcher que « ses disciples ne viennent pas dérober le corps », et faire croire à la population qu’ « Il est ressuscité des morts ».

D'après les responsables religieux, lors de ses prédications, Jésus a expliqué qu'il sera tué puis ressuscitera au troisième jour. Des propos confirmés par d'autres sources indépendantes justifiant la mesure de placer le tombeau sous haute surveillance jusqu'au troisième jour, d'après l'ordonnance du gouverneur. Une centurie a été dépêchée sur les lieux du tombeau situé dans le jardin non loin de Golgotha.

Un journaliste présent sur place a rapporté que la pierre placée à l'entrée du tombeau a été scellée et des soldats ont été vus faire leurs rondes autour du sépulcre.

La synagogue de Jérusalem n'a pas rassemblé grand monde ce samedi. Seuls quelques responsables religieux et leurs familles ont assisté au service. Après lecture de la Torah suivie d'un bref commentaire, l'assistance a été renvoyée. Les docteurs de la loi ont reporté la séance habituelle de questions-réponses au plus prochain service.

Autre raison pour laquelle le service n'a pas duré, le voile du temple a été déchiré hier. Un phénomène qui a surpris plus d'un. Jusqu'à ce matin, aucune disposition n'a été prise pour séparer le lieu Très Saint du temple.

Aucun membre de la famille de Jésus n'a assisté au service. Selon une source locale, très tard hier soir, la mère a été vue près du sépulcre accompagnée de deux autres femmes avant de regagner leur domicile où elles ont été rejointes par Jean, proche ami de Jésus. Pour ce qui est des disciples, pris de peur, ils se sont retirés dans un lieu tenu secret jusqu'ici.

Suite au service hebdomadaire, les responsables religieux ont tenu conseil, où la décision de placer le tombeau sous haute surveillance a été proposée par des sadducéens, majoritaires au sein du sanhédrin. Au contraire des pharisiens, les sadducéens sont contre l'idée de la résurrection des morts.

* L’article a été publié pour la première fois en l’an 30 de notre ère en langue araméenne.

Page retrouvée

Le corps de Jésus détaché de la croix et mis en tombeau avant le shabbat

La dépouille de Jésus a été mise en sépulture sans cérémonie dans l’après-midi du vendredi 15 nisan, peu avant l'heure du shabbat, a-t-on appris de source proche du gouverneur. Interpellé dans la soirée du jeudi 14 nisan au mont des Oliviers, le natif de Nazareth a été crucifié et déclaré mort vers la neuvième heure.

Le juge Ponce Pilate, gouverneur de la Judée, a autorisé peu avant l'heure du shabbat que le corps de Jésus soit mis en sépulture. Cette autorisation a été accordée à Joseph, un riche habitant d'Arimathée après une audience auprès du gouverneur.

Le corps a été descendu de la croix et a été remis à Joseph qui l'a enveloppé dans un takhrikhim sans cercueil avant d'être placé au tombeau sans cérémonie, a confirmé à la rédaction une source sûre. D’après notre contact, le défunt n'a eu droit ni à la tahara ni au kaddish au moment de la mise en tombeau comme le veut la tradition juive.

Un procès aussi médiatisé que spectaculaire

Interpellé au mont des Oliviers en cours de soirée de la Pâques, Jésus a été livré par l'un de ses amis, Judas, « l’Iscariote », contre trente pièces d'argent. Ce dernier a été retrouvé pendu ce matin. La justice romaine a penché pour un suicide. Bien avant cela, Judas a remis « l'argent du crime » aux responsables religieux, a rapporté des témoins présents au temple ce matin.

Jugé le soir même de son interpellation par le grand prête juif Joseph [Caïphe], selon les faits présentés, Jésus a été accusé de blasphème contre le temple et contre Dieu par les principaux sacrificateurs, le sanhédrin et quelques anciens. Il a refusé de se prononcer tout au long de son interrogatoire.

Devant ce refus, et en absence de preuve et de témoins, le grand prête a envoyé le prévenu devant les autorités romaines pour être jugé pour complot contre la sûreté de l'État et répondre des accusations faisant croire qu'il s’est autoproclamé « roi des Juifs ».

Conduit au petit matin du vendredi 15 nisan devant le gouverneur Pilate pour répondre de ces accusations, le natif de Nazareth n'a pas bronché et a refusé encore une fois de répondre aux questions du juge. Sous l'insistance de la foule et des responsables religieux juifs, Pilate a pris ses distances de l'affaire et accepté le verdict de la foule selon le principe de la « vox populi, vox Dei », ce, afin d'éviter tout soulèvement populaire qui pourrait fragiliser encore plus l'empire.

Après avoir été battu et humilié par les soldats romains, Jésus a été crucifié au mont Golgotha en dehors de la ville au milieu de deux malfaiteurs. Mort à 33 ans, Jésus est le fils de Marie et de Joseph, des natifs de Bethléem. Le père a été déclaré mort quelques années plus tôt dans des conditions peu claires. Tout comme la naissance de son premier fils reste un mystère à ce jour.

Depuis 3 ans, Jésus a été au centre des conversations dans la Cité. Il a attiré la grande foule partout où il s'est présenté. Des cas de résurrections et de guérisons spectaculaires de sa part ont été rapportés par de nombreux témoins dont la dernière en date, celui de Lazare, un natif de Béthanie, décédé depuis trois jours. Très connu pour ses enseignements qui, parfois peuvent être sujets à controverses, Jésus n'avait pas la cote auprès des responsables religieux notamment.

Contacté par la rédaction aucun membre de la famille n'a souhaité réagir à la manière dont Jésus a été traité et tué. Quant à ses disciples, ils restent injoignables jusqu'au moment de la rédaction de cet article. Le dernier qui s'est manifesté en public, un certain Simon, également appelé Pierre, un ancien pêcheur juif, ne répond pas aux nombreuses sollicitations du journal.

[Cet article peut être modifié dans les prochaines heures]

* L’article a été publié pour la première fois en l’an 30 de notre ère en langue araméenne.

 

03 mars 2024

Kwonik Dyesèl


La connexion internet de la Digicel et dans quelques zones, celle de la Natcom ne fonctionnent plus. On a bien l'impression que cette nouvelle fait plus de mal que les attaques sanglantes perpétrées par les bandes armées. La capitale et ses environs sont à un niveau de panique jamais atteint jusqu'ici. Le pénitencier national, plus grand centre carcéral du pays et la prison civile de la Croix-des-Bouquets ont recraché les criminels dangereux qu'ils retenaient tant bien que mal derrière leur quatre murailles.

Jozafa, lui, n'en a que faire de ces histoires à dormir debout, ce n'est pas la première fois que le pays est en ébullition. Depuis ce matin il entend parler de groupes de gangs qui se sont fédérés. En son for intérieur il sait que quelques liasses de billets verts suffiront à faire vaciller cette coalition conjoncturelle et boiteuse. Et l'on repartira sur une autre guerre entre gangs dont la principale victime sera la population. Same old stories. Un déjà-vu pour les Haïtiens du pays.

Cette nouvelle période de "lòk" qui s'annonce sera bien plus facile à supporter que les autres. Non pas que la misère et la crasse aient cessé de nous engloutir, mais nous autres, on s'habitue à tout et n'importe quoi très rapidement. Seul le manque de clairin pourrait stresser Jozafa. Heureusement, ça ne se produira pas de sitôt.

Dans ces moments, notre homme ne quitte jamais le quartier car son visage "make l ap fè l vre" comme le disent si bien les gens du petit peuple. De plus, il y a des anciens prisonniers qui circulent en toute liberté, l'un d'eux pourrait bien lui ressembler. Pour Jozafa, les mots magiques sont sommeil et clairin. Avec ça il pourra survivre le temps qu'il faudra.


Herbert N.

02 mars 2024

La chronique de J-One

La chronique de J-One

Un beau jour, des dirigeants politiques, grâce à l'action ou l'inaction des uns et des autres, ont décidé d'armer des civils pour continuer à faire et défaire dans le pays. Ces bandes armées ont été protégées, nourries et blanchies par ces politiciens avides de pouvoir et de sang.

Un beau jour, la machine s'est enrayée. Celui qui se croyait maître du jeu a perdu la main. Les bandes armées ont atteint une certaine autonomie. Martissant, Croix-des-Bouquets, Tabarre, Canaan, Bon-Repos, Cité-Soleil... Les exemples ne manquent pas pour montrer leur autonomie.

Un beau jour, un pays à l'histoire si grande, autrefois surnommé la Perle des Antilles, est maintenant confronté à la menace d'extinction en raison de luttes fratricides et de la circulation d'armes, qu'il n'a pas produit, sur son territoire.

Ce soir, on a peut-être atteint le bout du bout. La capitale et ses environs sont à feu et à sang. Concert d'armes automatiques et pluies de balles sur Port-au-Prince. Les nouvelles qui arrivent sont de plus en plus bouleversantes. Personne ne sait ce qui adviendra dans les prochaines heures. Mourrons-nous tous?

C'est la chronique d'un génocide annoncé. La chronique de la désespérance. 

2 mars 2024 (Jour 3 du génocide)

Page retrouvée

Le tombeau de Jésus placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses Le tombeau de Jésus a été placé sous haute survei...