13 janvier 2023

 

2022 en 22 mots (1/2)

Le lexique de l’actualité nationale de 2022 est empreint des différentes crises qui ont marqué notre quotidien, notamment la crise liéà la sécurité nationale caractérisée par une montée en puissance des gangs armés. Que ce soit dans la politique, dans le sport, dans l’économie ou dans la culture, cette année a été dominée par des personnalités ou des faits. De Ariel Henry en passant par le kidnapping ou la PNH, retour sur ces vingt-deux mots qui, à eux seuls résument l’actualité nationale de l’année 2022.

 

© Photo Google

A pour Ariel Henry

En 2022, Ariel Henry, premier ministre de fait aura célébré sa première année à la tête de la primature. Et ceci sans aucun bilan. Contesté et constamment attaqué pour sa gestion de l’État, Ariel Henry aura réussi à conserver le pouvoir grâce au support de la communauté internationale et un accord politique, rendu fragile depuis. Les manifestations populaires et les sanctions internationales contre les membres de son gouvernement n’auront pas affaiblies le locataire de la primature. Bien au contraire! A la faveur du « Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes », signé le 21 décembre dernier, Ariel Henry s’assure de rester au pouvoir jusqu’au 7 février 2024.

B pour BRH                                 

En début d’année, Le Nouvelliste a publié un article de Roberson Alphonse dont le titre « “BRH : Les perspectives pour l’économie haïtienne en 2022 demeurent mitigées” », a repris textuellement une séquence de la note de politique monétaire pour le premier trimestre de l’exercice fiscale 2021. La banque centrale savait à quoi s’attendre en 2022. Les erreurs qu’il ne fallait pas refaire et surtout, ce qu’il fallait corriger. En conférence de presse le 22 août, le gouverneur de la banque centrale, Jean Baden Dubois a annoncé un train de mesure en vue maintenir l’ordre sur le marché des changes. Au moment de justifier les conséquences de ces mesures, dont l’injection de 150 millions de dollars sur le marché des changes, il a argumenté : « On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Sauf que les œufs sont déjà cassés! L'omelette, à ce jour, n’est toujours pas prête.

C pour Carburant

La rareté de carburant a été l’une des crises majeures de 2022. Comme lors de l’année précédente, l’indisponibilité du carburant dans les pompes à essence a favorisé le marché parallèle, notamment lors du second semestre. Une crise qui a affecté, pendant plus de trois mois, le fonctionnement des banques commerciales, du transport en commun et des institutions sanitaires. Le retrait des subventions et la hausse des prix du carburant annoncée par le gouvernement, pour pallier à ce problème, a occasionné un autre épisode de pays lock durant plusieurs semaines.

D pour Dialogue

Un mot très en vogue en 2022, mais que finalement personne n’a semblé vouloir mettre en pratique. Au sein de l’opposition, comme au sein du gouvernement en place et du côté de l’international, à chaque sortie l’on a réclamé le dialogue. Pourtant dans la pratique, personne n’a voulu faire les sacrifices qu’il faut. Des multiples tentatives de dialogue avortées entre les signataires des accords de la Primature et de Montana, la leçon a été bien apprise. Le dialogue, en 2022, était un dialogue de sourd. La dernière tentative, celle d’un compromis politique historique n’a pas connu d’aboutissement jusque-là.

E pour EEH

Début juillet, lors d’une fouille dans des containers arrivés à la douane de Port-au-Prince sous la couverture de la franchise de l’Eglise Épiscopale d’Haïti (EEH), des armes à feu, des munitions et des faux billets de dollars américains ont été découverts. L’EEH a nié toute implication dans ce vaste trafic. Cependant, dans le cadre des investigations policières, plusieurs personnes en lien avec l’EEH ont été interpellées. Gina C. Rolls, commissionnaire en douane de l’EEH ; Père Frantz Cole, secrétaire exécutif diocésain de l’EEH ; Jean Gilles Jean Mary, comptable de l’EEH ont tous été interpelés par la police. D’autres collaborateurs de l’église épiscopale sont aussi recherchés dans le cadre de ce dossier. C'est le cas de : Vundla Sikhumbuzo, ancien directeur des opérations de ladite institution et Jean Mardoché Vil, président du comité permanent de l’EEH.

F pour Faim

L’ONU a indiqué que 4,7 millions d’Haïtiens soit 65% de la population, font face à une insécurité alimentaire aigüe. Dans le même rapport publié en octobre 2022, l’ONU a recensé près de 19 mille personnes à Cité Soleil, à l’époque ravagé par la guerre des gangs, qui ont atteint le niveau le plus élevé de l’insécurité. Parallèlement, l’UNICEF a indiqué que 100 mille enfants de moins de cinq ans souffrent déjà de malnutrition aiguë sévère. Dans les prisons haïtiennes, des dizaines de détenus sont décédés de faim.

G pour Gang armé

Durant cette année, les gangs ont été plus que présent dans l’actualité quotidienne. Guerres de territoire à Croix-des-Bouquets et à Cité-Soleil, enlèvements, viols, vols, tueries, attaque de biens public et privés, affrontements avec les forces de l’ordre et des gangs rivaux, blocage de route, enlèvements ... La liste de leurs actions est bien longue. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, en 2022 les gangs armés ont renforcé leur force de frappe sous le regard passif, ou du moins impuissant, des autorités haïtiennes. 

H pour Hugo Chavez

La place Hugo Chavez de Maïs-Gâté a été l’un des lieux de refuge de plusieurs centaines de membres de la population. Fuyant la guerre des gangs à Cité-Soleil, ils se sont réfugiés sur cette place publique. Ils ont vécu dans des conditions inhumaines, sous les caprices de la météo. Une autre catastrophe humanitaire, que les journalistes n’ont pas manqué de relever pendant des mois. À la mi-novembre, ces réfugiés ont été contraints d’abandonner le site. Depuis, personne n’est en mesure de dire ce qu’il en est de ces habitants victimes de la guerre des gangs. 

I pour Inflation

En décembre de l’année dernière, le taux d’inflation annuelle en Haïti était de 24,6%. C’est ce qu’a indiqué la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans sa note de politique monétaire pour le dernier trimestre de 2021. En février 2022, l’inflation s’est crûe à 25,2%. Au mois de juillet 2022, l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI) a calculé l’inflation à 30,5%. Pour le trimestre août-octobre 2022, l’inflation annualisée a été chiffrée 47,2 %. Les épisodes de pays lock, la détérioration du climat sécuritaire et le contexte géopolitique international dominé par la guerre entre l’Ukraine et la Russie sont, entre autres, des raisons qui ont amplifié ce phénomène et qui ont fait de l’inflation l’un des piliers de l’actualité de 2022.

J pour Journaliste

Les journalistes haïtiens n’ont pas eu la vie facile en 2022. En début d’année, deux journalistes ont été tués à Laboule 12 et leurs restes brulés. En février 2022, le journaliste Maxiben Lazarre, touché par balle alors qu’il assurait la couverture d’une manifestation d’ouvriers, a succombé à ses blessures. Deux autres journalistes ont été tués, le 11 septembre 2022, à Cité Soleil alors qu’ils revenaient de réaliser un reportage dans un quartier de ladite commune. Dans la ville des Cayes, le corps sans vie du journaliste Gary Tess a été retrouvé des jours après sa disparition en octobre dernier.  Le même jour, à Delmas, Roberson Alphonse, journaliste à Le Nouvelliste et Magik9 a été victime d’une tentative d’assassinat. Selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH, novembre 2022), pas moins d’une vingtaine de journaliste a été blessé au cours de l’année. Dans son bilan annuel, Reporter Sans Frontière a dénombré six cas d’homicides concernant des journalistes haïtiens.

K pour Kidnapping

Au cours de l’année 2022, les cas de kidnappings ont été monnaie courante. À Martissant, au Centre-Ville de Port-au-Prince et dans la zone métropolitaine et dans des villes de province. Pas un jour ne passse sans un signalement d’un nouveau cas de kidnapping dans les éditions de nouvelles. Dans un rapport présenté au conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en octobre 2022, le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dit avoir recensé « 877 enlèvements de personnes, dont 182 femmes, 13 filles et 15 garçons » seulement pour la période allant du 1er janvier au 31 août 2022.

L pour Luis Amalgro

Dans un communiqué publié en août, le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Luis Amalgro est revenu sur le bilan de la communauté internationale en Haïti. Le document intitulé « démocratie et sécurité » est un aveu cinglant pour la communauté internationale. Le communiqué a surpris tout le monde et n’a pas manqué de susciter des réactions chez des acteurs locaux.

 

Et vous, quel mot de l’actualité nationale aurait mérité une place dans ce classement ? A vos claviers mes ami•e•s !

8 commentaires:

Page retrouvée

Le tombeau de Jésus placé sous haute surveillance à la demande des autorités religieuses Le tombeau de Jésus a été placé sous haute survei...